Pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes ?

Samedi dernier, les mauléonais ont peut être aperçu dans les rues calmes de leur village des promeneurs qui, le nez en l’air, arpentaient le centre-bourg. Aujourd’hui, ils se demandent encore sûrement qui étaient ces oisifs et pourquoi, en plus d’avoir en mains papiers et crayons, ils prenaient en photos les pas de portes et les cours des maisons...

Les promeneurs étaient en fait les invités du centre socioculturel et de Mickael, Michel et Nicolas, 3 cartographes amateurs passionnés, qui ont suscité cette initiative. Ils ont découvert ensemble un outil de cartographie sur internet : open street map. Ils ont aussi appris à enrichir ce fond de carte avec des informations qu’ils avaient préalablement recueillies. Cela paraît simple. On imprime une carte vierge de la zone que l’on souhaite compléter. On se fait une balade en observant très attentivement le moindre détail de la rue, de la place, du quartier. On repère les numéros des maisons, les places de parking. Ou bien les chemins de randonnée, les parcs ou encore les commerces. On peut même noter les accès handicapés et les passages pour piétons. De retour à la maison, on saisi les données sur le fond de carte sur internet. Si vous allez faire un tour sur Open street map du côté de Mauléon, vous verrez qu’il y a maintenant un terrain de boules, un centre socioculturel, un cartonnier, des passages (presque) secrets.

Une fois que l’on a dit ça... Open street map, dans un centre socioculturel, on peut en faire quoi, au juste ?
L’outil est ardu à prendre en main. Télécharger les fonds de cartes, utiliser les outils qui permettent de dessiner un bâtiment, une rue ou un rond-point, saisir les données collectées puis les envoyer sur internet. Autant d’étapes qui peuvent paraître inaccessibles quand on se retrouve seul avec sa carte devant son ordinateur. Alors pourquoi ne pas partager ses étapes ? A l’instar du Wiki Niort, on pourrait imaginer un premier qui partirait en randonnée. Un deuxième qui accompagnerait mon premier et collecterait sur un fond de carte, les données. De retour au CSC, un troisième attendrait les marcheurs pour saisir les informations. Un quatrième présenterait l’outil au nouveau marcheur et lui donnerait envie d’y contribuer etc...

L’état d’esprit des outils collaboratifs est le même que celui de l’éducation populaire. Chacun peut trouver une place quel que soit son âge, son métier ou son parcours scolaire. On fait circuler les savoirs. Et en plus, on se réapproprie des données qui nous appartiennent. On remarque pourtant les absentes : les femmes qui contribuent à Openstreetmap ne sont que 3 %. A la cartoparty mauléonaise, l’assemblée était composée presque exclusivement d’hommes. La raison ne tient pas au fait qu’elles ne savent pas lire les cartes routières. La raison est sociétale. Mais il s’agit là d’un autre débat.

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